Biographie des auteurs

AMIOT Joseph-Marie (1718-1793)

 

Le père Joseph Amiot, fils de Louis Amiot, notaire royal à Toulon, est né le 8 février 1718. Après avoir terminé ses études classiques et fait trois ans de philosophie et un an de théologie au séminaire des jésuites de sa ville natale, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus, à Avignon, le 27 septembre 1737. Il y resta deux années, avant de se lier à Dieu, le 29 septembre 1739. Puis le collège à Besançon (1739-1742), les humanités à Arles et à Aix (1742-1744), la rhétorique à Nîmes (1744-1745), la théologie à Dôle, où il sent se développer en lui un goût passionné pour l’histoire, les langues et les arts. Ordonné prêtre à la fin de ses quatre années de théologie, il redevient novice pendant un an (1749-1750), à Salins, dans le Jura. Attiré par les peuples d'au-delà des mers, il est destiné pour la cour de Pékin. Il part pour la Chine le 21 novembre 1749 , et aborde à Macao le 27 juillet 1750. Parti de Canton le 2 juin, il n’entre à la mission française de Pékin que le 22 août vers midi. Il y restera jusqu'à sa mort le 9 octobre 1793.


Deux époques très distinctes dans son séjour en Chine. La première, celle de son apostolat et de l’étude des langues parlées dans le vaste empire chinois, s’étend de 1750 à 1766. La seconde, la plus importante et la plus longue, celle où il conquiert la réputation méritée de savant, par sa correspondance scientifique et littéraire avec les personnages les plus érudits de son temps, embrasse les années écoulées entre 1766 et 1793.
Son nom était connu de l’Europe savante, il avait pénétré jusqu’au fond des deux Amériques. On lui doit notamment :

  • La traduction en français, avec de nombreuse notes, d'Éloge de la ville de Moukden, poème chinois composé par l’empereur Kien-long, Paris, 1770.
  • De même pour l'Art militaire des Chinois, Paris, 1772.
  • Lettre sur les Caractères chinois, 1764 (Mémoires, tome I, 1776).
  • L'Antiquité des Chinois prouvée par les monuments (Mémoires, tome I, 1777).
  • Portraits des Chinois célèbres (Mémoires, tomes III, V, VIII, X, 1778-1784)
  • De la Musique des Chinois, tant anciens que modernes (Mémoires, tome VI, 1780).
  • Vie de Confucius (Mémoires, tome XII, 1786).

Et de très nombreuses autres contributions aux Mémoires concernant les Chinois.

  • Dictionnaire tatar-mantchou-français, 1790.

Avec Joseph Amiot disparaissait en 1793 le plus ancien et le plus savant des derniers survivants de la mission française à Pékin.

(Biographie à partir des travaux de C. de Rochemonteix et J. Dehergne).

Jules ARÈNE (22 mai 1850, Sisteron — 19 juin 1903, Sisteron)

 

J. Arène arrive en Chine en 1868 comme élève-interprète et y poursuit pendant douze ans une carrière consulaire notamment à Fou-tcheou, Han-k'eou, Chang-haï, Péking. Il rentre en France, puis est nommé consul notamment à Sousse, Algésiras, Charleroi. Il est le frère du poète félibre Paul Arène. "Auteur d'un livre charmant qui a eu deux éditions : La Chine familière et galante" (D'après une nécrologie d'Henri Cordier, T'oung pao 1903).

BONVALOT Gabriel (1853-1933)

lire la biographie de l'Assemblée Nationale 

 

Explorateur français de l'Asie centrale. Une première exploration en 1880 le conduit  en Bactriane. En 1887, il traverse le Pamir. Une autre expédition, en 1889-1890, financée par le duc de Chartres, le conduit, avec Henri d'Orléans, jusqu'au Tonkin, en traversant les plateaux inconnus aux Européens de l'est du Tibet, mais sans pouvoir cependant entrer à Lhassa.

Il fonde en 1894 et anime le Comité Dupleix, milite pour la colonisation française, s'intéresse à l'aviation. Député de 1902 à 1906, (Républicain nationaliste). Maire de sa commune dans les années 1910. Membre de la Légion d'honneur.

Bibliographie : En Asie centrale, de Moscou en Bactriane, 1884. — En Asie centrale, du Kohistan à la mer Caspienne, 1885. — Du Caucase aux Indes à travers le Pamir, 1888. — De Paris au Tonkin, à travers le Tibet inconnu, 1892, un gros succès de librairie. — L'Asie inconnue, 1896. — Propos d'un Français, 1911. — Une lourde tâche, 1913. — Les chercheurs de routes : Marco Polo, 1929.

Jules-Léon Dutreuil de Rhins

DUTREUIL de RHINS Jules-Léon (1846-1894)

[voir la biographie à la page de l'ouvrage Mission scientifique dans la Haute Asie]

FORTUNE Robert (1812-1880)

 

Une excellente biographie est disponible sur le site Plantexplorers.com

FRANÇOIS Auguste (1857-1935)

Lire sa biographie, et plus, sur le site de l'association Auguste François

Auguste François reste, ou doit rester, dans l'histoire pour trois actions qu'il a faites et pour une qu'il n'a pas faite :

  • Grâce à son courage et à sa lucidité, il a su ramener au Tonkin la colonie française de Yunnan-Sen, menacée de massacre au printemps 1900.
  • Il a fortement contribué à l'établissement de la voie ferrée entre Hanoï et le Yunnan, inaugurée en 1910.
  • Il laisse une splendide collection, sensible et humaine, de photographies et de films sur la Chine de la fin des Tsing.
  • Il n'a pas poussé aux désirs belliqueux de conquête du Yunnan, manifestés par certains politiciens et industriels français à cette époque. Voir à ce sujet le livre de Désirée Lenoir "Le Consul qui en savait trop".

JAMETEL Maurice (1856-1889)

 

Né à Montrouge le 11 juin 1856. Elève à l'Ecole des Langues Orientales Vivantes, puis élève interprète à Pékin (1878-1880). Consulat de France à Hong-kong. Après des missions en Corée et au Japon, il regagne l'Europe pour raisons de santé. Chargé de cours (1886-1889), puis professeur titulaire (janvier-mai 1889) à l'Ecole des Langues Orientales.

 

Auteur de divers ouvrages : souvenirs de voyageur ("Pékin") ou de collectionneur ("La Chine inconnue") ; traductions ("L'encre de Chine") ; opuscules sur les émailleurs pékinois, sur la métallurgie chinoise, la politique religieuse de l'Occident en Chine, les inscriptions chinoises du Tibet. Nombreux articles de l'actualité de l'Extrême-Orient. Ecrit dans divers journaux, dont L'Economiste français.

MATIGNON Jean-Jacques (1866-1928)

lire la note du Fomarfec

Médecin.

Premier séjour en Chine de 1894 à 1898, il y organise un hôpital, et lutte contre la peste en Mandchourie, aussi bien que contre le typhus et le choléra à Pékin en 1895, et à nouveau la peste à Macao en 1897.

Court séjour en France, puis médecin de la légation de France à Pékin de 1899 à 1901.

PETRUCCI Raphaël (1872-1917)

lire l'article d'Eric Lefebvre (INHA)

Critique d'art, orientaliste, sociologue. Bibliographie :

  • Les caractéristiques de la peinture japonaise, 1907
  • Essai sur une théorie de la vie, 1908.
  • La peinture chinoise au musee Cernuschi, 1912 (en collaboration avec Édouard Chavannes).
  • Traduction et commentaires du Kie tseu yuan houa tchouan (ou Les Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un Grain de Moutarde), 1912.

PIRY Théophile (1851-1918)

  • Théophile PIRY est né en 1851 à Nantes d'une famille d'humbles ouvriers de la rue Basse du Château. Sa mère était très intelligente et fort pieuse ; vers 1865, les habitants de la Paroisse Saint Pierre à laquelle elle appartenait, stimulés par les récits de la Semaine religieuse, s'occupaient beaucoup des missionnaires de la région envoyés dans l'Extrême-Orient.
  • Son frère Pierre, né en 1838 et parti le premier en Chine, fit naufrage en Mandchourie et, recueilli par la Légation de France à Peking, entra dans les Douanes chinoises où il fit une longue et honorable carrière, particulièrement à Chang Haï.
  • Théophile entraîné par son frère part pour la Chine en 1870. Il apprend le chinois, entre à son tour dans les Douanes en avril 1874 et arrive au poste de Commissaire en avril 1896 ; il est pendant quelque temps « Chinese Secretary » de l'Inspecteur général ; enfin, il est nommé Directeur général des Postes chinoises lorsque ce service est rendu indépendant des Douanes.
  • Il quitte la Chine en 1916 et meurt le 28 juin 1918, dans le Morbihan. Officier d'Académie et chevalier de la Légion d'Honneur. Passionné de photographie, il laisse une importante collection de photos de Péking. Sinologue distingué, il est l'auteur quelques travaux parmi lesquels : — Le Saint Édit, étude de littérature chinoise. Bureau des statistiques, Inspectorat général des douanes, 1879. — Erh-tou-mei ou les Pruniers merveilleux, roman chinois traduit et accompagné de notes philologiques. E. Dentu, libraire-éditeur, Paris, 1880. — Manuel de langue mandarine, ou recueil idéologique en chinois, francais, et anglais, des termes, locutions et idiotismes de la langue mandarine du nord. Avec C.-H. Oliver. Kelly & Walsh, 1895. — Biographie fondée sur une nécrologie d'Henri Cordier.

PRJEVALSKI Nicolas (1839-1888)

lire l'article de P. Lemosof (Cosmovisions)

 

Colonel, puis général de l'armée russe, issu d'un vieille famille cosaque, explorateur d'une grande portion de l'Asie centrale, fin observateur de la faune et de la flore locales, meneur d'hommes. Il rassembla au cours de ses voyages une foule de données de toutes sortes, et jeta les fondements de l'exploration scientifique.

SMITH Arthur Handerson (1845-1932)

 

Né au Connecticut, Etats-Unis, Arthur Smith participa comme volontaire à la Guerre de Sécession en 1864, dans un régiment du Wisconsin.

Après des études de théologie et de médecine, il fut en 1872 envoyé avec son épouse en Chine du Nord, où il séjourna 54 ans, cherchant à vivre au maximum selon la vie locale.

En 1926, il se retira en Californie. 

Bibliographie: on retient notamment :

Proverbs and Common Sayings from the Chinese, 1886, 1916.
Chinese Characteristics, 1894. Traduit en de nombreuses langues, notamment en Français sous le titre : Mœurs caractéristiques des Chinois.
Village Life in China: A Study in Sociology, 1899.
China in Convulsion, 1901, sur les Boxers. 

Chinese Characteristics fut l’ouvrage sur la Chine le plus lu par les Américains jusqu’aux livres de Pearl Buck dans les années 30.

Le livre est, pour les Chinois, représentatif de ce que fut durant une longue période la perception du caractère et du peuple chinois par un occidental.

TCHENG Ki-Tong (1851-1907)

 

Tcheng Ki-Tong [Chen Jitong] naquit à Fou-tcheou et apprit le français à l'école de l'arsenal de la ville. Il séjourna un an en France (1876), puis poursuivit une carrière de diplomate. Dans les années 1880, il fut nommé attaché militaire en France. Son aisance et sa parfaite maîtrise du français lui permirent de publier avec succès à Paris plusieurs ouvrages et traductions, notamment : Les Chinois peints par eux-mêmes (1884), Le théâtre des Chinois (1886), Contes chinois (1889, traduits du Liaozhai zhiyi).